Leïla Barbedette obtient en 2006 son Diplôme des métiers d’Art en lutherie du quatuor à l’école de lutherie de Mirecourt (France).

 

Elle complète sa formation auprès de François-Joseph Pommet dont elle est l'assistante pendant cinq ans à Reims (France) avant de traverser l'Atlantique pour élargir ses connaissances à Montréal (Canada), au sein de l'atelier Wilder & Davis. Parallèlement à ses emplois en réparation, restauration et entretien des instruments du quatuor, Leïla a fabriqué violons, altos et violoncelles modernes et baroques, joués par des musiciens étudiants et professionnels en Europe et au Canada. Elle participe régulièrement à des rencontres de luthiers, colloques et stages professionnels qui lui permettent de continuer à enrichir sa formation et son expérience. Elle est membre fondatrice du Forum des fabricants, association des luthiers et archetiers du Canada, dont elle a été secrétaire de 2018 à 2021; et membre non résidente du Collectif lutherie Montréal.

 

Leïla s’installe à son compte en 2018 pour se consacrer essentiellement à la fabrication, mais aussi reprendre des études en musique à l’Université de Montréal et approfondir sa pratique du chant classique. Elle explore, grâce à différents cours, des liens qui peuvent s’établir entre la pratique du chant et celle de la lutherie. Elle entame en 2022 une recherche sur la perception des sons des instruments du quatuor à la lumière de la voix chantée, sous la direction de Caroline Traube, qui la mène à faire une maîtrise en musicologie, explorant diverses façons de parler des sons des instruments, particulièrement dans le cadre des réglages d'instrument. 

 

En janvier 2026,  elle poursuivra la recherche dans le cadre d'un doctorat en cotutelle avec Caroline Traube, à l'Université de Montréal, et Claudia Fritz, à Sorbonne Université. Cette étape, qui comprendra des expérimentations sur le terrain et analyses acoustiques, permettra de mettre en relation de façon plus directe le langage utilisé par luthiers et musiciens avec la réalité acoustique décrite. Lors d'une séance de réglage d'instrument, luthiers et instrumentistes discutent en effet du timbre de l'instrument, avec des mots personnels à chacun. Le but de cette recherche n'est pas de créer un langage universel, mais de faire émerger de nouveaux outils d'intelligence naturelle pour mieux décoder le langage intuitif des différents interlocuteurs. Cette recherche est menée grâce au soutien d'organismes de recherche publics du Québec (FRQSC ) et du Canada (CRSH).

 

Pour mener à bien cette recherche, un ordinateur trône régulièrement sur l'établi de la luthière, qui a dû mettre en pause son activité de fabrication. Le bois et les outils sont cependant toujours à portée de main et reprennent vie à l'occasion de diverses réparations, qui permettent à Leïla non seulement de garder la main, mais de nourrir chacun de ses domaines d'activité (lutherie, chant, recherche) des connaissances acquises en parallèle dans les autres.